Lundi 16 octobre 2017

Atelier avec la classe de 4èmeB / Sandrine Bonnet

 

Ce lundi 16 Octobre 2017,

 

Les premiers ateliers de sensibilisation entre les trois chorégraphes et les quatre classes de 4ème du collège Maurice Genevoix de Romorantin ont démarré… sur les chapeaux de roue.

 De 8h à 10h, c’est Sandrine Bonnet qui est intervenue avec la classe de 4èmeB ainsi que quelques élèves de SEGPA répartis dans la classe.

 

Sandrine arrive dans la salle, se présente à la classe. C’est leur première rencontre et les élèves sont très réservés.

Très vite, la chorégraphe lance l’échauffement avec un petit temps de relaxation pour se détendre.

 

I n t r o d u c t i o n

 

Les élèves commencent en position assise, ils doivent dessiner une posture, « comme un dessin sur le sable » en la changeant au cours de 5 pulses, données par la chorégraphe.

Même exercice ensuite mais Sandrine rajoute un peu de difficulté en supprimant un appui. Les élèves doivent donc construire une posture avec seulement trois appuis et la changer au rythme des 5 pulses :

 « On découvre notre corps comme si c’était une matière, sans réfléchir à ce qu’on va faire.»

« On construit des sculptures en essayant de les faire s’agrandir, gonfler de plus en plus! »

 

« Pour redescendre des postures, on passe par le même chemin en ouvrant toujours le corps au maximum, et on pousse sur le sol, on le repousse. »

 Sandrine a beaucoup insisté sur le rapport au sol qui est très important et a transmis beaucoup d’images comme : « le glaçon qui fond », « le nuage au dessus de la tête », « la tête tenue par un fil » … afin d’illustrer ses consignes.

 Suite à cette introduction, les élèves se sont sentis davantage en confiance.

 

E x e r c i c e s   e n   b i n ô m e s 

 

Sandrine forme des groupes de deux élèves.

Le but du jeu est de se tenir, épaule contre épaule, ou épaule contre face. Un exercice de transfert de poids où il est important d’assouplir ses genoux et de se rapprocher du sol.

 

Ensuite les élèves, toujours par deux marchent ensemble (marche en avant/marche arrière) en se tenant (une main derrière une main devant), et doivent grâce à un exercice d’écoute collective sans parler bien sûr, s’arrêter tous en même temps et reprendre la marche en se synchronisant.

Dans cette étape, il ne doit y pas avoir de « chef » ni quelqu’un qui décide, ni de mots. Uniquement une réceptivité et une écoute attentive« Je marche, je m’élance vers l’avant et je m’arrête »

 

E x e r c i c e s   e n   m u s i q u e 

 

Sandrine choisit la musique et met le titre « New error de Moderat », un morceau que l'on peut retrouver dans le film "Lawrence anyway" de Xavier Dolan. Une musique entrainante, rythmée et progressive.

« On envoie des flèches avec une partie de notre corps, en restant sur nos appuis »

Les élèves continuent ensuite à marcher sur la pulse, en rythme  et puis…  -PAUSE-  on prend la pause pour la photo.

"Et on continue de marcher, ensemble, sur la pulse de la musique."

 

Voici quelques mots, récoltés sur les impressions des élèves :  « J’étais comme électrocuté », « on ressent des choses bizarres », « comme si on était au ralenti »,  « on était comme attachés, inséparables ».

Sandrine a conclu la séance d’atelier en expliquant qu’elle allait travailler sur « ce qui nous pousse à bouger. »

Atelier avec la classe de 4èmeE / Nicolas Maurel

 

 C'est de 10h à 12h que Nicolas effectue son 1er atelier auprès de la classe de 4èmeE et quelques élèves de SEGPA.

 

D i a l g u e  

 Nicolas commence par se présenter aux élèves, dès le début attentifs et intrigués par la venue du chorégraphe.

Ce dernier parle et échange au sujet de sa vision de la danse ainsi que de ce qui l'inspire dans ses créations (A.ssociation M.ouvement A.rthrope).

 

Quelques notions au sujet de l'apesanteur, de la gravité, du rapport au sol on été abordées en incluant la participation de la classe.

"Est ce que mon corps bouge quand je suis dans cette posture?" : (posture immobile)

"Pourquoi mon coeur bat?"

"Est ce qu'il y a juste mon sang qui circule lorsque je suis immobile?"

 "L'apesanteur interagit également, sinon, mon corps ne serait qu'un tas d'os tout mou, sans consistance!"

 

Nicolas parle également du squelette porté entre autre par les muscles et le sang qui crée le déplacement du corps dans l'espace intérieur et extérieur. C'est un élément important que les élèves vont explorer auprès du chorégraphe au début des ateliers.

 Les notions de réalité, d'émotions..." savoir se jouer de la réalité en danse " on été abordées.

 

Q u e s t i o n 

"Est ce que vous pensez que la réalité est comme un mur qui existe pour toujours et qui ne bouge pas?"

Nicolas a expliqué aux élèves que la danse était une pratique vivante, et que cela n'est pas formaté. Il doit se produire un échange entre spectateur et acteur.

Pour illustrer cette notion, Nicolas donne aux élèves un exemple dansé improvisé avec des gestes très lents. Les élèves se taisent et deviennent extrêmement attentifs. 

 

E c h a n g e

Nicolas : "Pourquoi avez vous suivi ce que je viens de faire?"

Les élèves : "Parce que nous étions attentifs."

Nicolas : "Parce que vous étiez attentifs. Mais pourquoi vous l'étiez?"

-Pas de réponse-

Nicolas (aux élèves): "Vous étiez attentifs car j'étais moi même attentif à ce que je faisais, dans l'échange avec votre présence."

 

Nicolas, avec les élèves ont donc créé à cet instant précis un échange d'attention vivante.

 "Le corps, c'est notre propriété, c'est ce qui fonde notre être, ce qui devrait fonder notre être ensemble. C'est à ce niveau là que je place l'échange avec chacun de vous, dans le respect."

 

P r a t i q u e 

 

Comme pour l'atelier entre chorégraphe et professeurs (se référer à l'onglet "performance") le 3 octobre 2017, Nicolas procède avec à peu près les mêmes exercices. Afin de travailler chaque mouvement, micro mouvements, articulations, déplacements du corps, axes du corps...

Un échauffement accompagné d'auto massages est réalisé par l'ensemble de la classe. Les élèves ont été très participatifs et enthousiastes lors de cet exercice.

Ensuite, comme lors de la formation auprès de l'équipe pédagogique, Nicolas choisit de travailler sur l'exercice : "Je marche, je m'arrête, je me retourne, marche avant, marche arrière". Tout cela sans parler bien sûr, afin de développer en partie la vision panoramique et l'écoute du groupe.

Un exercice d'écoute collective et d'attention très important.

Chaque mouvement effectué est en lien étroit avec la respiration.

 

Atelier avec la classe de 4èmeC / Cécilia Ribault

 

Pour clôturer la journée, c'est Cécilia qui, de 14h à 16h a donné son premier atelier avec la classe des 4èmeC et quelques élèves de SEGPA.

 

R e n c o n t r e

 

Les élèves sont tous assis en cercle, Cécilia est parmi eux. Certains élèves s'interrogent, appréhendent, se demandent ce qu'il va se passer...

Au début, les élèves expriment une grande timidité. Cécilia leur parle de son rapport et de sa vision face à la danse contemporaine.

Pour elle, il va s'agir d'effectuer un travail de recherche personnel afin de "trouver sa propre danse". Car c'est quelque chose qui appartient à tout le monde. Le but ici n'est pas de faire de belles prouesses techniques comme le dit Cécilia mais plutôt  de rentrer dans son corps, de rentrer dans la sensation...

 

Cécilia raconte aux élèves qu'elle a été amenée à travailler avec une dame de 83 ans. Les réactions des élèves sont immédiates.

 

 

E c h a n g e

 Un élève : "Comment peut faire une dame de 83 ans pour danser?"

Cécilia : "A partir de son désir de bouger. Imaginons que je ne peux ni bouger mon bassin, ni mon torse ni mon bras...cela peut juste être une danse de la main ! Pour moi, la danse est juste le travail d'un corps qui exprime quelque chose."

Cécilia montre un exemple improvisé avec un mouvement tout en lenteur qui part de sa propre main.

R é a c t i o n

Un élève : "Mais ça, ce n'est pas de la danse ?"

Cécilia : "C'est un vaste débat. Je vous invite à laisser derrière vous les préjugés et les apriori face à une vision formatée de la danse".

 

 

   P r a t i q u e

 Afin d'amener les élèves à la danse en douceur, Cécilia commence par effectuer quelques mouvements, que les élèves vont ensuite reproduire naturellement :

 

"Je tends mes deux bras devant moi"

"J'étire mes paumes"

"Je sers mes poings très fort"

"Je secoue mes mains"

"Je lâche mes mains"    

Cela crée une sensation nouvelle sur le corps.

 

Les élèves vont ensuite enchainer ces 4 gestes sans parler et en étant attentifs au ressenti du corps.

D'abord lentement puis rapidement et ensuite en décomposant chaque mouvement. Cécilia leurs suggère par la suite de faire un tour des prénoms, en restant immobile et bien ancrés au sol.

Présentation faite, un petit jeu d'écoute collective se met en place :

on claque des mains à tour de rôle dans le sens des aiguilles d'une montre, sans parler toujours. N'importe qui peut faire changer le sens en claquant deux fois consécutivement dans ses mains. Tout en restant concentrés, les élèves font circuler une balle de main en main en prenant soin de ne pas l'échapper. 

Cette modeste balle va par la suite permettre de créer un lien entre les élèves. Car elle sera l'outil moteur de ce premier atelier.

 

Cécilia annonce qu'il va y avoir une phase d'improvisation. Face à cette annonce les élèves sont très réservés.

Cécilia leur demande de travailler leur propre regard afin qu'il devienne bienveillant envers leurs camarades.

Chaque élève s'empare d'une balle, marche avec et lorsque le groupe se met en pause, la balle doit être posée avec soin sur le sol.

 

Ensuite arrive un moment d'improvisation, Cécilia constitue deux groupes : les spectateurs et les danseurs (Les rôles s'inverseront par la suite). Les danseurs sont en binôme. Ils doivent, avec la balle entre leur main danser ensemble. Sans dire mot, il doit y avoir un "suiveur" et "un danseur qui effectue les mouvements" le but étant de ne surtout pas laisser tomber la balle.

L' exercice a permis de créer un lien entre les élèves ainsi qu'une relation de confiance et d'écoute mutuelle.